
Il existe aujourd'hui plusieurs techniques de chirurgie réfractive visant à corriger les défauts visuels imposant le port de lunettes ou lentilles. Leur but est de modifier le pouvoir optique global de l'oeil soit en modifiant celui de la cornée soit en modifiant celui du cristalin.
Cette technique est devenue aujourd'hui la référence en matière de chirurgie réfractive par laser (près de 80% des chirurgies par laser). Elle existe depuis près de 15 ans et se décompose en deux étapes: la découpe d’un volet cornéen superficiel suivie du traitement par laser Excimer du défaut de vision : myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie.

Ces trois techniques sont très proches et basées sur le même principe : l’action du laser (la photo-ablation c’est-à-dire la sculpture de la cornée pour en modifier les rayons de courbure et ainsi corriger le trouble visuel) se fait sur la surface de la cornée après avoir ôté l’épithélium. C’est dans la manière de retirer l’épithélium que ces techniques diffèrent. Dans le cas de la PKR, l’épithélium est retiré manuellement avec l’aide éventuelle d’alcool dilué; avec le LASEK, l’épithélium est repoussé après application d’alcool puis réappliqué sur la cornée alors que dans l’EpiLASIK, l’épithélium est séparé mécaniquement du reste de la cornée puis repositionné sur la cornée comme dans un LASIK.
Les implants réfractifs sont des lentilles placées chirurgicalement à l’intérieur de l’oeil, en avant ou en arrière de l'iris. Ils sont indiqués chez les patients qui ne peuvent pas bénéficier de la correction de leur anomalie visuelle par une technique laser. Ils sont réservés aux moins de 40 ans qui conservent une accommodation suffisante (cristallin laissé en place). Leurs indications représentent moins de 5% de toutes les indications de chirurgie réfractive; il s’agit des fortes amétropies (myopie jusqu’à 25D ou hypermétropie jusqu’à 9D) ou des cornées atypiques (trop fine ou irrégulière).

- Chirurgies du cristallin = PRELEX
Le cristallin est une lentille intra-oculaire de +19 Dioptries qui permet, via la modification de son rayon de courbure, l’accommodation c’est à dire la mise au point (autofocus) entre vision de loin et vision de près (addition de +3 Dioptries). Son rôle optique est donc essentiel à la vision ; à partir de 45 ans en moyenne, la presbytie apparaît inéluctablement et sa déformabilité diminue, abaissant consécutivement ses capacités d’accomodation. Le port de correction progressive (différente entre vision de loin et vision de près) devient indispensable.
Après cette date où l’accommodation résiduelle devient insuffisante, dans certaines indications, il devient intéressant d’envisager un changement de cristallin à visée optique (alors que pour la cataracte, le cristallin est changé car il a perdu sa transparence). Cette technique est nommée par les anglo-saxons le PREsbyopic Lens EXchange ou PRELEX.
Ainsi, dans le but de corriger un défaut visuel, le pouvoir optique global de l’œil peut être corrigé non plus par une modification du rayon de courbure de la cornée (chirurgies laser) ou par la mise en place d’une lentille à l’intérieur de l’œil (implant réfractif) mais par un changement de puissance du cristallin (puissance adaptée au défaut visuel préexistant). Cette procédure est identique à celle de la chirurgie de cataracte.
L’ablation du cristallin naturel induisant irrévocablement une presbytie impose de réserver cette chirurgie aux plus de 50 ans où à ceux qui ne peuvent être opérés par une autre technique. Les indications sont en théorie illimitées puisque la puissance des cristallins artificiels couvre les amétropies (défauts de vision) extrêmes mais en pratique, le PRELEX est réservé aux fortes amétropies après 50 ans (myopies > -12D, hypermétropies > +4D). La puissance du cristallin artificiel est choisie par une formule mathématique intégrant plusieurs facteurs dont la longueur du globe oculaire, le rayon de courbure de la cornée et des constantes variables en fonction des implants. La correction de la presbytie induite se fait soit en monovision (œil directeur corrigé en vision de loin et œil dominé en vision de près) soit par implants multifocaux (corrigeant simultanément vision de loin et vision de près) : la monovision est plutôt réservée aux myopes alors que les implants multifocaux trouvent toute leur indication chez les hypermétropes.
